La Découverte de Maurice Viton

( lui dit que ça n'est qu'une "suggestion", mais je le trouve trop modeste )

12 février 2006

 

Maurice est venu déjeuner à Pertuis au restaurant de la grande surface voisine. C'est plus simple. Nous sommes copains depuis plus de trente ans. C'est dans sa cuisine, dans sa maison d'Aubagne que furent réalisées fin 1975 les premières expériences de MHD, dans de l'eau acidulée, en utilisant une maquette de forme cylindrique ( système décrit dans la bande dessinée Le Mur du Silence ). En utilisant un colorant il avait pu mettre en évidence l'écoulement induit et même filmé tout cela avec une caméra 16 mm. Il me dit qu'il a toujours le film, mais plus d'appareil de projection. En fait il faudrait convertir ce film en produisant une copie numérisée. Je me souviens que nous avions présenté ce document à l'observatoire de Meudon. Un des spectateurs s'était étonné de la présence d'un objet rond, sur l'arrière-plan. Il était difficile de lui dire qu'il s'agissait de la bonde.

En France, on n'a pas de pétrole, mais on a des éviers

Changeons de sujet. En arrivant chez mopi Maurice m'a d'abord scié complètement en trouvant en une fraction de seconde comment utiliser la "coudée égyptienne", en tant qu'instrument de mesure, interprétation qui avait été donnée par Christophe Tardy. Mais ça n'est pas le sujet du jour.

Nous sommes allés en Egypte, Maurice et moi, à des époques différentes. Je lui ai montré mes élucubrations sur le mode de construction des pyramides. Et c'est là qu'il a eu l'idée qui tue. Je m'en veux de ne pas l'avoir eue avant.

Question : comment assurer un contact étroit entre deux facede pierres en regard , et ce avec une précision submillimètrique ? On trouve des contacts aussi étroits dans les blocs de vingt tonnes de la Grande Galerie de la pyramide de Kheops. Les contacts sont si fins qu'on ne peut même pas introduire une lime à ongle. Il existe aussi un mystère, s'agissant de nombreux blocs qui sont en contact par de larges faces horizontales, qui ne sont même pas ... planes.

C'est le cas en Egypte et c'est bien pire encore au Pérou où on connaît des assemblages qui comportent des facettes carrément ... gauches.

Comment diable usiner tout cela ?

Maurice semble avoir trouvé la réponse. Les Egyptiens connaîssait le cuivre. Pour usiner deux faces en regard il suffit, après avoir assuré une coplanéité approximative par martelage de faire circuler entre celles-ci une "scie diamantée", autrement dit une feuille de cuivre incrustée d'éclats de pierre dure, comme de la quartzite, sur ses deux faces. Cette incrustation peut, Viton le fait aussitôt remarquer, avoir été réalisée avant l'emploi de cette bande abrasive, par martelage. Imaginons deux pierres en regard. Des tenons, qui seront supprimés par la suite en utilisant une technique d'usinage par percussion, permettent de soulager la pierre et de régler à volonté la pression. Entre les pierres on aura glissé une "scie à ruban". Il suffit d'effectuer un mouvement de va-et-vient pour réaliser un "usinage parallèle". Imaginons que cette scie fasse 2 mm d'épaisseur. Elle ne dressera pas les faces, mais réduira les aspérités en regard de telle manière que la distance entre les blocs ait partout cette valeur. Quand le travail est terminé, on enlève scie et cales. Le contact est alors extrêmement étroit.

 

Usinage par abrasion. A gauche avec une feuille de cuivre. A droite avec une "toile émeri"

 

Cela vaut pour des surfaces horizontales comme pour les surfaces proches de la vertocales qui correspondent aux blocs de la grande galerie. Leur position fait qu'alors la pression exercée reste modérée. Pour des blocs horizontaux de grande dimension ce type "d'usinages conjoints" peut donner, au résultat, une surface de contact qui ne soit pas plane. Cet argument s'oppose donc à l'argument de Davodovits, qui voyait dans cette non-planéité un argument en faveur de sa thèse des "pierres reconstituées", moulées ( ce qui ne veut pas dire qu'il ait tort ) .

Cette technique pourrait être étendue aux structures observées dans les Andes, où on trouve effectivement nombre de surfaces de contact qui sont gauches. Notons au passage que ce gauchissement des surfaces, loin d'être un défaut, leur confère une meilleure résistance vis à vis des secousses sismiques. Maurice suggère alors que ce bi-usinage des surfaces en regard, préalablement "co-surfacées" ait pu être effectué en utilisant "la toile émeri de l'époque", c'est à dire un tissu bien résistant, incrusté avec un matériau abrasif, une pierre réduite en poudre. C'est d'ailleurs avec de la poudre abrasive, mêlée à un fil de laine qu'on imagine comment les anciens Incas pouvaient scier leurs pierres précieuses.

Extrait de "la privée des hommes. Au temps des Mayas", Hachette

 

Est-ce que les fameux crânes de cristal de roche auraient pu être usinés également par simple abrasion avec des tissus mêlés à de la poussière de quartz ?

http://secretebase.free.fr/civilisations/artefacts/cranecristal/cranecristal.htm

Dans les constructions égyptiennes, les égyptologues semblent avoir sous-estimé l'efficacité de l'usinage par percussion ( la "boucharde" médiévale ). De même l'usinage par abrasion peut, en y mettant le temps, permettre d'attaquer ... n'importe quoi. Il y a des gens qui prétendent qu'il serait impossible d'obtenir les polis constatés sur des objets tels que ces crânes de cristal, sans laisser des traces d'outil. Mais nous leur objecterons que depuis fort longtemps on savait polir des verres de lunette, ou des miroirs de téléscope, toujours par abrasion. La finesse du polissage n'est qu'affaire de finesse des grains de l'abrasif utilisé, ceux-ci étant noyés dans une sorte de cire. Technique que les astronomes amateurs qui fabriquent eux-mêmes leurs miroirs connaissent bien.


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