19 août 2006 Une animation de 22 mégas.
Je suis plongé depuis des semaines dans la rédaction d'un long dossier consacré aux Pyramides. Quand tout sera OK je mettrai en ligne. En attendant voici une animation de 22 mégas, réalisée par Jean-Stéphane Beetschen, de Paris. Elle montre le schéma de l''ensemble pyramide-rampe que j'ai amélioré cet été. Ce qu'on voit est en calcaire de Tourah, si on excepte les portions en pente qui sont en brique crue. Derrière cette première couche de pierres on trouvera des blocs constitués de calcaire de moins bonne qualité, extraits des carrières locales, celles du plateau de Giseh. Au passage c'est ce point de détail qui a permis aux Grandes Pyramides de parvenir jusqu'à nous. Leur exploitation en tant que carrière s'est arrêtée quand les pilleurs sont tombés sur des matériaux de plus mauvaise qualité.
Dans l'animation il y a un petit bug ( conflit entre deux segments ) que JS nous arrangera à son retour de vacances.
L'animation de Jean-Stéphane Beetschen
Il n'est peut être pas mauvais que les lecteurs fassent le tour de ce modèle. Tout le monde ne voit pas aussi bien que Jean Stéphane Beetschen en 3d. On voit en particulier que la pente des segments de rampe, en brique crue, qui s'appuient sur des entablements ( ce qui me semble être le meilleur mot pour coller avec le texte d'Hérodote ) ont une pente qui croît vers le sommet. Il ne s'agit ici bien sûr dans ce qui est montré que de la partie sommitale, des trois derniers tours. La pyramide de Khéops a, selon moi, été construite avec une rampe à 29 tours. La pente de la section initiale était de 0,5 % et à 70 mètres de hauteur, là où devaient être amenés les monolithes de 40 tonnes constituant la chambre sépulcrale, le haut de la Grande Galerie et le système de décharge, cette pente atteigaint seulement 1 %. C'est donc pratiquement du terrain plat.
Les "blocs-standards" de 2,5 tonnes sont simplement tirés par huit hommes, sur cette rampe étroite, en utilisant des chariots glissant sur un lit d'argile humide.
Quand il est nécessaire de faire monter les gros monolithes, atteignant 40 tonnes, 56 machines "construites avec des bois court" sont utilisées, servies chacun par dix hommes. Cette montée mécanisée, sur rampe étroite, à raison d'un mètre par minute s'effectue pendant un temps inférieur à un mois.
Monolithes ou blocs standards, toutes ces charges se suivent à la queue leu leu. Non seulement les Egyptiens de l'Ancien Empire étaient de remarquables ingénieurs mais ils savaient gérer de telles entreprises sans temps mort, sans la moindre improvisation. Tout cela sera assorti d'arguments dans le gros dossier que je suis en train d'achever, où je prélèverai de quoi faire l'article que le Palais de la Découvert m'a commandé, ainsi que les éléments de la conférence que je donnerai là-bas, début 2007 je crois.
Comme l'exposition sera consacrée aux différentes théories, dont celle de Crozat et de davidovits, je renvoie au dossier que j'ai consacré à ce dernier en 2004 et comme apparemment la vidéo où il fait la démonstration de sa réaglomation de calcaire n'a plus l'air d'être accessible, je l'ai mise en ligne sur mon site.
Dès que je pourrai je reviendrai dans la fusion et les Z-pinches, pour préparer la rencontre avec les Russes.
Enfin, comme je l'ai annoncé, nous créerons à la rentrée un forum à orientation scientifique, sur des thèmes ciblés et sans pseudonymes, où on demandera aux intervenants de décliner leur identité, et aux intervenants scientifiques de se situer complètement, pour éviter que les débats ne soient pollués par des gens qui veulent se rendre intéressants et se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas.
3 août 2006
Je suis retourné une fois de plus en Egypte. J'ai pris la route de Dashour, à 80 km au sud du Caire pour retrouver la pyramide rhomboïdale, celle qui a conservé une grande partie de son revètement intact.
La pyramide rhomboïdale
Cette pyramide a été partiellement déshabillée de ses blocs de revêtement. Les pillards montaient par l'arète qui se trouve sur la droite, le long de laquelle l'escalade ne pose aucune difficulté ( dommage, c'était trop surveillé ). Les blocs étaient en général jetés sans ménagements et rebondissaient alors sur les faces, laissant des marques qui sont bien visibles sur celle de droite. Je n'ai pas sous la main les photos que j'ai prises du côté de la pyramide qui est diamètralement opposée à la voiture visible au premier plan. Dès que ça sera possible je les joindrai. Remplaçons ces images par des dessins. ce qu'on voit explique la façon dont les faces étaient dressées. Ce dessin montre des manques. Il y en a une demi-douzaine de ce genre sur cette face.

Blocs en retrait, au milieu de blocs parfaitement lisses
En fait les blocs du revêtement sont empilés, non finis. On en trouve de ce genre d'agencement à Giseh. Ci-après une coupe des blocs empilés, soigneusement jointifs mais non fini sur leur face externe. A la suite d'une erreur un des blocs a été positionné en retrait. Quand on dresse la face il est possible d'enlever de la matière, pas d'en rajouter.Quand les blocs sont positionnés il est exclu de tirer sur un bloc en mauvaise position. La pression des pierres qui pèsent sur lui est trop forte. Doù le résultat indiqué.

Défaut de dressage d'une face, dû à la position en retrait d'une pierre
A partir de ce constat on peut imaginer des systèmes de dressage des faces. On pourrait par exemple imprimer un mouvement de va-et-vient à une lourde pierre porteuse d'une trémie garnie de poudre de quartz faisant office d'abrasif.

Technique de dressage des faces ( hypothétique )
Tout ceci est bien sûr spéculatif, mais si j'avais à polir les faces d'une pyramide, voici comment je procèderai, après avoir traité avec précision les arètes, toujours en polissage. Le travail pourrait être assez rapide. J'ai personnellement une expérience du polissage de face de blocs de pierre pare abrasion, ayant été ... lithographe.

Polissage des faces par abrasion
En règle générale les archéologues négligent des techniques d'usinage par abrasion ( et par percussion ). Je pense par exemple aux fameux "crânes de cristal d'Amérique du Sud". Un tel matériau peut être travaillé avec un abrasif fin, pris dans une résine. On suppose que les Péruviens sciaient les blocs de pierre de joaillerie avec des fils de laine de lama mouillés contenant des grains d'abrasif. Quand on usine les miroirs des télescopes on procède de manière analogue. Même chose pour les systèmes optiques, les verres de lunette. Des systèmes similaires pourraient expliquer le fini remarquable de statues exposées au Musée du Caire, constituées par des pierres extrêmement dures, comme la diorite et qui pourraient avoir été patiemment usinées par abrasion. Mais encore faudrait-il reconstituer l'opération pour donner de la crédibilité à cette thèse. Les faces de la pyramise rhomboïdale sont remarquablement dressées. Mais si on utilise une telle technique alors le caractère jointif des blocs s'expliquerait mieux. Ceci étant, pour le cas des défauts de cette face de la rhomboïdale j'imagine que quelqu'un a dû de faire sacrément engueuler.

Je vais participer à une exposition au Palais de la découverte sur le thème "les scientifiques et leurs pyramides". Nous sommes trois exposants. Davidovits est le tenant de l'hypothèse de la pierre reconstituée. Crozet, architecte, met en oeuvre un système de levage. Aucun des trois n'est ... égyptologue. Mais aucun égyptologue n'a de théorie.
( Je verrais bien un jour une exposition : "les astrophysiciens et leurs modèles cosmologiques". Ca serai gai, comme disent les Belges. A part le mien, vous en connaissez, des modèles cosmologiques "made in France" ? Qui a quelque chose de réellement pertinent à présenter, de confronté aux observations ? )
Je donnerai aussi au Palais une conférence en décembre, sur mon modèle de construction de pyramide et je dois écrire un article qui sera publié dans la revue.
J'ai affiné mon modèle. Dans les pages précédentes on voyait des becquets sous lesquels j'imaginait qu'on avait pu glisser des pierres. Mais à la réflexion je juge maintenant cette opération peu crédible. . Un infographiste, Jean-Stéphane Beetschen, habitant Paris est en train de nous faire de superbes images de synthèse, à partir de croquis et de quelques explications téléphonique. Voilà ce que cela donne et ça n'a pas l'air mal du tout.

Modèle J.P.Petit. Image de jean Stéphane Beetschen
Il s'agit de la représentation de la partie sommitale de cet ensemble pyramide plus rampe ( en pierre ). Les partie en pente de la rampe sont en brique crue et reposent sur des assises horizontales. Ces parties sont enlevées au moment du dressage final des faces. Les blocs peuvent être sciés avec des "scies à sable". Le cuivre est ductile et son "tranchant" peut alors être incrusté d'abrasif ( poussière de quartz ) propre à attaquer la pierre. Jean-Stéphane va nous arranger cela à travers des animations. Il est prévu de gérer le constitution de la structure interne, des chambres sépulcrales, etc. Dans l'édification d'une pyramide tout doit être prévu et géré au moment de la construction. Nous avons passé un week-end, à Paris, a dresser le plan de la pyramide Rouge de Snéfrou, avec ses chambres à encorbellement et la structure interne dont nous imaginons qu'elle puisse être dotée, à mon avis identique aux structures apparentes de la pyramide de Meïdoum.
Dans les débris de taille des pyramides, des blocs triangulaires, non réutilisables et de blocs qui peuvent être pris dan sune nouvelle structure.

Blocs triangulaires, non-fonctionnels, débris de taille

D'autres, soigneusement rangés sur la marche inférieure de la pyramide de Khéops
On trouve, toujours sur ces étages inférieurs des pyramides des blocs remis en place par les archéologues, qui ne semblent pas occuper leur position d'origine mais correspondre à des débris de taille qui auraient été retrouvés, pars, sur le plateau de Giseh.

Blocs de récupération, remis en place par les Egyptiens
D'après ce qu'on imagine maintenant les pyramides étaient praiquement construites en série, la construction de la pyramide suivante permettant le réemploi des débris de taille de la précédente. Snéfrou, le père de Khéops est crédité de la construction de plusieurs pyramides, dont la Rouge. Au passage donnons une image de la pyramide de Meïdoum, attribué au pharaon Houni; de la III° dynastie ( Petrie a simplement retrouvé un cartouche à son nom sur le site ).

La pyramide de Meïdoum
Celle-ci se dresse en plein désert, au sud du Caire. On la classe parmi "les pyramides à degrés". On lit, par exemple dans le site :
http://perso.orange.fr/philippe.grandjean/meidoum.html
que cette pyramide aurait eu originellement 7 degrés, puis que ce nombre aurait été accru, puis que ...
En fait, nous ne savons pas grand chose. Remarquons seulement le volume impressionnant de blocaille dont la granulométrie n'excède pas le diamètre d'une noix. Ca n'est pas le vent qui a amené ces débrus au pied de la pyramide. A mon avis la seule explication qui tienne est que ces débris correspondent aux débris de taille logés entre les plan constituant "la charpente interne" de la pyramide. Celle-ci, comme tant d'autres, a simplementété déshabilée. En fait le cone de débris n'entoure pas la pyramide de manière régulière. Au voisinage de l'un des angles émerge de cet amas un élément de ... revètement, avec des nlocs bien polis et jointifs. Ce plan pointe avec précision sur ce qu'on pourrait appeler le "sommet virtuel" de l'édifice. J'ai pris des photos de ces vestiges de plusieurs mètres carrés , dont l'orientation est sans équivoque. Dès que j'aurai remis la main sur les clichés je les présenterai &&&.
Ainsi la forme de cette pyramide me semble câdrer avec le dessin emprunté au site mentionné ci-dessous
Une pyramide qui, à l'origine aurait mesuré 93 mètres de hauteur
En bleu : ce qui subsiste actuellement. Jean-Stéphane et moi sommes en train de "modéliser" la pyramide Rouge de Snéfrou, de la même époque. je pense que sur cette base nous pourrons évaluer la quantité de blocaille de faible granulométrie qui se dégagerait d'un dshéabillage conduisant à des vestiges comme ceux visibles à Meïdoum et je pense que nous obtiendrons une masse comparable à celle qui est aujourd'hui présente sur le site, dont personne ne semble vraiment de soucier.
Si ma théorie concernant l'édification de pyramide s'avère correcte, alors le dessin montré plus haut ( image de synthèse créée par Jean-Stéphane ) implique que les prêtres-géomètres maniaient le concept de récursivité géométrique qui, sauf erreur, n'apparaîtra qu'au XIX° siècle.
Qui étaient ces gens ?

Prêtre-arpenteur
Il est curieux qu'on retrouve une maîtrise similaire de la pierre de l'autre côté de l'Atlantique. Ici, le temple du soleil, à Cuzco.

Le temple du soleil, à Cuzco.
Là aussi les pierres sont ajustées de telle façon qu'on ne puisse pas passer une lame de rasoir entre deux ( c'est le cas pour les blocs de la Grande Galerie menant à la chambre sépucrale de la pyramide de Kheops ). Cela nous ramène à l'idée de Maurice Viton, astronome. Là encore, un usinage par abrasion, par une sorte de "toile émeri biface". . Après avoir jeté un oeil à cette page vous pouvez imaginer que des blocs puissent être ajustés selon des surfaces gauches. Ceci donne alors aux bâtiments une excptionnelle résistance vis à vis des séismes. Ces blocs possèdent alors un système "d'auto-centrage". Juan Carlos me disait que les espagnols avaient construit des bâtiments ( des églises ) sur ces constructions des précolombiens. Mais les séismes les avaient flanqués par terre, alors que les constructions primitives avaient résisté.
Il y a un autre point que je voudrais souligner. Les pyramides sont construites sur des mamelons taillés avec des marches, qui jouent alors le rôle de "pions de centrage" en retenant les pyramides en place quand sévissent de forts séismes. Je ne crois pas que les égyptologues aient compris cela. Ci-après, les colosses de Memnon, ravagés par des séismes ( 23 mètres de haut. C'est tout ce reste du sanctuaire. Le temple, à l'arrière plan a été pulvérisé )
:
Les colosses de Memnon, ravagés par des séismes
Là, le célèbre sanctuaired'Abou Simbel, à l'extrême sur de l'Egypte, que Ramsès II avait fait tailler dans la masse, dans une montagne de grès. Sous l'effet d'un séisme le colosse n°2 a dégagé. Sale coup pour Ramsès, blousé par son dieu tutélaire : Seth.

Abou Simbel : ravagé par un séisme. Celui-ci s'est produit du vivant de Ramsès II ( 1290-1224 ) puis qu'on connaît le rapport d'un de ses fonctionnaires qui fait état des dégâts constatés. Les tentatives de réparation du colosse ( 20 m de haut ) ont été infructueuses
En Amérique centrale des lieux de cultes ont été découverts, qui comportaient des tas d'étranges "marches d'escalier" dont personne ne comprenait la signification. Il vaudrait mieux remplacer le mot "signification" par fonctionnalité. A mon avis c'est une mise en forme d'un support rocheux pour servir d'ancrage à des constructions aujourd'hui disparues ( pour réutiliser les pierres dont elles étaient faites ). Si quelqu'un a une photo de ce truc je pourrai l'inclure ici &&&.
Autre disposition, toujours prise pour lutter contre les effets de séismes : la concaviité très prononcée des lits de pierres dans certaines pyramides. Ici, la base de la rhomboïdale.

Lit des pierres de la pyramide rhomboïdale. En arrière-plan : la pyramide Rouge de Snéfrou ( père de Khéops )
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