Grandes Pyramides : ça bouge un peu, enfin !

4 novembre 2006

 

Palais de la Découverte, jeudi 30 novembre 2006, conférence de presse de Joseph Davidovits, Gilles Hugg de l'ONERA, Michel Barsoum, de l'université Drexel, Philadelphie. Sacré Davidovits. cela fait vingt ans qu'il s'échine à pousser cette idée selon laquelle certaines pierres des pyramides seraient "du calcaire de synthèse".

 

Le film où Davidovits fait la démonstration de la fabrication de calcaire de synthèse, reconstitué.

 

Son fils est présent. Blouse blanche, devant l'assistance il opère les mélanges. En fin d'opération, dans une cuvette, un matériau qui ressemble à du sable mouillé mais qui, après durcissement deviendra ... du calcaire. J'en ai ramené un petit bout qui trône sur une étagère. Dans un mois celui-ci sera ... aussi dur que de la pierre, puisque ce sera de la pierre. Même structure que le calcaire, à d'infimes détails près.

C'est Michel Barsoum qui explique tout cela, après avoir présenté les résultats d'études microscopiques très poussées. Je ne vais pas les reprendre. Achetez le Science et Vie du mois de décembre 2006. Lisez l'article (de dix pages ) de Philipppe Noël et Isabelle Bourdial. Tout est très bien expliqué, photos à l'appui.

Selon la thèse officielle les Grandes Pyramides de Giseh ont été construites en exploitant des carrières locales. Ma thèse personnelle part de ces prémices. Barsoum, disposant de trop rares échantillons, dûment authentifiés, a effectué des analyses comparatives de calcaire issu des carrières et d'autres éléments, empruntés aux pyramides. Il dénote des différences essentielles. L'article de S & V explique très bien tout cela. En particulier il trouve dans ce calcaire des pyramides des grains de silicate amorphe ( non agencé en cristal ). Or, nous dit-il, on ne connaît aucun calcaire naturel, issu de la sédimentation, qui contienne du silicate amorphe. La roche s'étant formée très lentement, ces silicates se sont automatiquement cristallisés. Il en conclut que les échantillons de calcaire emprunté aux pyramides sont faits de calcaire de synthèse, de formation très rapide, trop rapide pour que les silicates cristallisent.

Sacrément troublant, convenez-en.

A ce stade les remarques fusent dans la salle.

- A-t-on envisagé d'étendre ces analyses, systématiquement, à tout le plateau de Giseh ?
- Cela serait souhaitable.

Je questionne Barsoum :

- Avez-vous formulé une demande de prise d'échantillons à Zahi Hawas ?
- Bien sûr.
- Et quelle a été sa réponse ?
- Il n'a pas répondu.

 

Zahi Hawas, secrétaire du conseil suprème de l'archéologie égyptienne avec le chapeau
grâce auquel il s'efforce de ressembler à Indiana Jones

 

Moi non plus il ne m'a pas répondu. Je lui avais envoyé mon article, traduit en bon anglais par mon amie Claire Bougain . Mieux : je lui avais même fait remettre en main propre par un ami du Caire. Pas de réponse, pas de réaction. Zahi Hawas, vous l'avez tous vu à la télévision. Quand une équipe d'archéologues ouvre un chantier de fouille et découvre un nième sarcophage, on arrête tout. La télévision amène ses projecteurs et ses caméras. Hawas rapplique, se place face à l'objectif etprocède à l'ouverture. Si un cinéaste mettait bout à bout toutes les ouvertures de sarcophages opérées par Zahi Hawas et les faisait défiler en accéléré on obtiendrait un film digne des meilleures production de Charlie Chaplin Ceci étant, rien ne peut se faire en Egypte sans qu'il exerce son contrôle absolu. Combien de temps faudra-t-il attendre avant que Davidovits, Barsoum et Hugg soient autorisés à poser le pied sur ses sacro-saintes pyramides et, qui sait, aller même jusqu'en haut, pour y prélever des échantillons nécessaires pour leurs analyses ... de la taille d'un grain de sable !

Cette surdité, cette hostilité, cette étanchéité scientifique et intellectuelle sont effarantes.

Pour moi, pas de réponse non plus de Chantal Descroches Noblecourt. Fin de non recevoir au bulletin français d'archéologie orientale ( BIFAO ) pour mon papier, ainsi qu'au colloque d'Egyptologie de Grenoble.

 

 

Le message est simple :

- Vous n'êtes pas du club !

On assiste à la naissance d'une égyptologie parallèle. A partir du 19 décembre se tiendra au Palais de la Découverte de Paris une exposition intitulée "les scientifiques et leurs pyramides". Une expo à laquelle ne participera, ou même n'assistera aucun égyptologue reconnu. Pourtant on sort, semble-t-il du simple l'amateurisme. Davidovits y présentera sa thèse le mercredi 17 janvier à l'occasion d'une rencontre avec le public à laquelle nous participerons également, l'ingénieur Crozat et moi-même.

Grâce au talent d'un jeune et talentueux infographiste, Jean-Stéphane Beetschen le public pourra se voir une démonstration complète de hissage de blocs à l'aide d'une machine ( un simple levier ) inspiré par un objet trouvé en 1934 à Giseh, près de la pyramide de la reine Khent Kaoues.

Comme disait Napoléon : une bonne animation vaut mieux qu'un long discours. Voici la version basse résolution d'animations réalisées par Jean-Stéphane. D'abord une vue schématique de la rampe en pierre qui, retaillée, se transformera en ... revètement.

 

Allure schématique de la rampe en pierre, hélicoïdale

 

Cette rampe ( en pierre ) n'a rien à voir avec la rampe en brique crue à 7 tours imaginée par feu georges Goyon. C'e'st une rampe étroite, faisant corps avec la pyramide. Pour celle de Khéops elle comprendrait une trentaine de tours. Les machines ne seraient utilisée que jusqu'à mi-hauteur, où doivent être amenés les énormes monolithes constituant le plafond de la chambre sépulcrale. Mais on a placé cette machine en haut de la pyramide, pour pouvoir regrouper sur une même vue tous ses éléments ( les bras de levier et le système des contrepoids ).

Entre 70 et 143 mètres de hauteur les blocs, plus modestes ( un mètre cube, deux tonnes et demie ) peuvent être simplement halés par des ouvriers sur des traineaux glissant sur des lits d'argile humide.

Voici la machine, inspirée par le texte d'Hérodote :

 

 

 

L'objet de Khent Kaoues ( hauteur : 30 cm ), point de départ de ma théorie

 

 

Voici le système des deux noeuds auto-bloquants, manoeuvrés par l'ouvrier jugé sur le monolithe :

 

Cette même machine, au travail :

 

Dans le numéro de décembre 2006 de la revue du Palais de la Découverte, on trouvera un article résumant l'ensemble de cette méthode de construction, entièrement chiffrée. Les visiteurs trouveront une maquette, ici en cours de finition, montrant l'agencement de cette rampe en pierre constituée d'une majorité de blocs amovibles ( les " bomidès " d'Herodote ) et de parties en saillie, appelées "corbeaux" en architecture. Ce sont les " krossaï " d'Hérodote. Le plateau de Giseh est jonché d'éléments ayant appartenu à ces "ensembles angulaires" de cette rampe en pierre ainsi que de pierres triangulaires, dénuées de toute fonctionnalité, qui ne sont que le résultat de la retaille des corbeaux.

 

La maquette du Palais de la Découverte, en cours de finition

 

Pierres triangulaires, issues de la retaille des "corbeaux"

 

Les ateliers du Palais terminent une maquette de rampe, équipée de " la machine de Khent Kaoues " ( qui n'est rien d'autre qu'une nième variante du levier ). En l'utilisant, sous la conduite d'un animateur, pendant la durée de l'exposition deux enfants pourront tracter sur un plan incliné un bloc de pierre de 250 kilos. Ma théorie de la construction des Grandes Pyramides sera illustrée sur des panneaux sous forme de bandes dessinées. Une animation, en image de synthèse, réalisée par Jean-Stéphane Beestchen, montrera les différentes phases de la construction. Celui-ci illustrera ma conférence du 17 janvier ( à vérifier ) en faisant virevolter tous ces objets sur un écran, grâce à sa remarquable maîtrise de l'image de synthèse. En fait, ces images valent mieux que de longs discours.

Si vous lisez dans mon site le compte-rendu de mes travaux et études, vous verrez que des tas de choses pourraient être vérifiées. Par exemple, cet agencement de pierres, se situant à la partie sommitale de la pyramide de Kheops marque-t-il le haut d'un puits courant du haut en bas, nécessaire au repérage de l'axe de la pyramide pendant sa construction.

 

 

Partie sommitale de la pyramide de Kheops

 

Système de repérage centimétrique

 

 

 

L'alternance des agencements des pierres découle de principes élémentaires de construction

 

Pour le savoir il suffirait de déposer ces pierres, enserrant un pierre carrée. Si, en dessous on découvre le même agencement avec une spirale inversée, bingo. J'ai suggéré cela à Hawas : pas de réponse. Pourtant, si nécessaire, il pourrait soulever les pierres lui-mêmes, devant les caméras. Cela pourra-t-il se faire ... de mon vivant ? Je finis par en douter. Autant ... passer à autre chose, dessiner de nouvelles bandes dessinées, par exemple.

 

Revenons à cette affaire de pierres reconstituées. C'est un "problème ouvert", passionnant. J'en ai discuté avec Davidovits. Nous pensons que les deux méthodes auraient pu être utilisées conjointement, selon les besoins, en fonction d'impératifs techniques et ... religieux. Selon Davidovits Knoum, le dieu-bélier - potier et le dieu de la pierre reconstituée. Voir ses livres passionnants.

La dépèche d'Agence :

jeudi 30 novembre 2006, 10h32
Pyramides d'Egypte: des pierres synthétiques coulées comme du béton

Photo
PARIS (AFP) - Des pierres des pyramides d'Egypte ont pu être fabriquées en pierre synthétique et coulées comme du béton, estiment des scientifiques dans la revue Sciences et Vie à paraître vendredi, reprenant à partir de nouvelles études une théorie déjà soulevée à plusieurs reprises. La composition des pierres des pyramides est "beaucoup plus complexe que celles des pierres des carrières officielles" de Toura et de Maadi d'où auraient été extraits les éléments des tombeaux de Gizeh, il s'agirait de géopolymères, déclare Sciences et Vie en rapportant les travaux des Pr Gilles Hug, de l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (Onera), et Michel Barsoum, de l'université de Drexel à Philadelphie (USA). Selon les examens aux rayons X et par torche plasma menés par ces spécialistes, "certains micro constituants de ces pierres présentent les traces d'une réaction chimique rapide ne leur ayant pas permis une cristallisation naturelle (...), une réaction inexplicable si les pierres ont été taillées, mais particulièrement compréhensibles si l'on admet qu'elles ont été coulées comme du béton", ajoute la revue. Différentes techniques de microscope électronique ont montré par ailleurs que "les spectres de diffraction des pierres prélevées sur les pyramides diffèrent nettement de ceux des carrières", poursuit Science et Vie. Pour un autre expert, Joseph Davidovits, chimiste à l'Institut géopolymère de Saint-Quentin (Aube) qui défend depuis 30 ans la thèse de béton géopolymère pour l'édification des tombeaux des pharaons, des blocs de calcaire naturel reconstitué auraient été coulés sur place. Ils auraient été constitués de "93 à 97% d'agrégats de calcaire naturel et de 3 à 7% de liant", de l'argile kaolinitique, un silico-aluminate qui se désagrège dans l'eau et auquel aurait été ajouté de la chaux éteinte, note la revue. Un quatrième scientifique, le physicien Guy Dumortier, des Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur (Belgique), conclut également dans Science et Vie à la théorie de la pierre agglomérée. Il a en effet observé une teneur beaucoup plus élevée qu'au naturel en fluor, silicium, magnésium et sodium. "N'en déplaise aux égyptologues, l'utilisation de géopolymère pour la construction des pyramides est la plus vraisemblable", assène-t-il. Science et Vie avait déjà provoqué une polémique en 2001 en annonçant : "Les pyramides sont en fausses pierres !" Une chercheuse du Centre national pour la recherche scientifique (CNRS), Suzanne Raynaud, avait noté des anomalies, par rapport aux pierres des carrières, dans les échantillons prélevés sur ces monuments.
 

 

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